« L’être humain s’inscrit donc bien dans la très longue histoire de la vie sur terre. Mais en même temps, il s’en distingue, dans la mesure où il passe de la spécialisation du corps à l’ouverture sur la culture. Son rapport à l’environnement et à l’histoire de la vie n’est pas extérieure à cette dernière : s’il y a vie humaine, c’est parce qu’il y a un lien continu entre la première cellule vivante, apparue il y a 3,5 milliards d’années, et les humains d’aujourd’hui. L’histoire de la vie constitue en un sens l’archéologie de notre corps, et ce corps est une sorte de microcosme de toute l’évolution de la vie. Il y a de l’animal et du végétal en nous; il y a en nous une mémoire de 3,5 milliards d’année, mémoire non pas psychologique, mais simplement biologique, voire archéologique.1 »
Lorsque l’on creuse notre lien intime avec l’eau, donc avec le milieu de l’apparition de la vie, la condition de la vie, on creuse dans les traces que portent notre corps. Nous partons à la redécouverte des traces de notre Éden, au sens de l’origine de la vie.
« C’est à mon sens ce très long héritage qui fonde la richesse symbolique du monde qui nous entoure. Nous avons des complicités cosmiques avec l’eau, l’air, le feu, la lumière, les étoiles, le vent, le rocher, l’herbe, l’arbre, le poisson, le loup, l’aigle ou la tourterelle.1 »
Nous sommes l’eau comme l’eau est notre reflet.
1. Référence : André Beauchamp, L’eau et la terre me parlent d’ailleurs, Novalis, Montréal, 2009
1 juin 2010 à 11 11 39 0639 |
«Les idées sont comme les poissons.
Si l’on veut attraper un petit poisson, on peut rester près de la surface de l’eau. Mais si l’on veut attraper un gros poisson, alors il faut descendre plus en profondeur.
Dans les profondeurs, les poissons sont plus vigoureux et plus purs. Ils sont immenses et abstraits. Et ils sont très beaux.
Moi, je cherche un certain type de poisson qui a une grande importance à mes yeux, un poisson que je puisse transposer au cinéma. Mais dans le fond, il y a toutes sortes de poissons. Des poissons pour le commerce, d’autres pour la pêche sportive, qu’on attrape puis qu’on relâche. Il y a des poissons pour tout.
Chaque chose, tout ce qui existe, émane des profondeurs. Ce niveau, la physique moderne l’appelle le champ unifié. Plus notre conscience s’élargit, plus nous nous enfonçons vers cette source, et plus le poisson que nous pourrons attraper sera gros.»
– David Lynch, Mon histoire vraie